Le numérique au service du vin

Le Forum Vin et Numérique s’est tenu le 24 janvier dernier à Dijon. Une deuxième édition qui a rassemblé les professionnels de la filière viti-vinicole et les acteurs du numérique. Au programme, tables-rondes autour de l’enjeux de la filière, et rendez-vous BtoB.

 

La filière viti-vinicole est une source indéniable de tourisme en Bourgogne-Franche-Comté. A l’heure de la révolution numérique, que peut-il apporter à la filière du vin ? C’est la réflexion générale des participants de ce Forum Vinnum 2019. Organisé dans le but de réunir les acteurs du vin et du numérique, cet événement a aussi été l’occasion de faire connaître les start-ups qui portent l’innovation dans ces domaines.

Une 20aine d’entreprises exposantes ont pu présenter leurs innovations et rencontrer l’écosystème, mais aussi échanger autour des problématiques majeures de la filière. Des tables rondes ont fait intervenir des experts sur la thématique suivante : « Quel peut-être l’apport du numérique pour la gestion de la qualité du sol du vignoble et pour l’œnotourisme ? »

Les intervenants des tables rondes : Mattieu Bach (doctorant uB) –  Mario Rega (Deaverde) – Lionel Ranjard (Directeur de recherche à l’ INRA – spécialiste en microbiologie des sols) – Sebastien Zito  (Doctorant UB) – Cyril Bataille  (ViniTIC) – Pascal Minguet  (Chargé de mission au Conseil Régional de BFC)

Le numérique : la réponse aux problèmes du vignoble ?

La qualité du sol est au cœur des enjeux de la filière viticole. Aujourd’hui, quel est l’état du sol du vignoble bourguignon, et doit-on s’en inquiéter ?

Pour Lionel Ranjard,  il est faux de dire que les sols du vignoble Bourguignon « sont morts » ; il en existe des plus ou moins « vivants ». Devant les traitements aux engrais et aux fongicides, la pratique qui impacte le plus la qualité du sol serait son travail systématique et le manque de couvert végétal.  Pour les intervenants, l’agilité agronomique est nécessaire pour la gestion de la qualité des sols. Labourer ou pas, telle est la question ! Si le processus répétitif peut être destructif, le labour n’est pas forcément à proscrire, il n’y a pas de solution générique. Actuellement, de nouveaux robots moins envahissants et plus légers que les machines conventionnelles, peuvent représenter une solution intelligente pour entretenir le capital vivant des sols viticoles.

Quant aux risques phytosanitaires, c’est bien la menace de l’oïdium qui plane le plus au-dessus du vignoble. Lié ou non au réchauffement climatique, comment ce risque peut-il être géré grâce aux nouveaux outils numériques ?

Les systèmes connectés comme ceux développés par Mario Rega, de la société Deaverde (Relire notre interview) sont un levier majeur pour la gestion des risques phytosanitaires. Mais parmi les cohortes de solutions qui voient le jour chaque année, toutes sont-elles bonnes à prendre ?

Le numérique, utile partout, tout le temps ?

Si de nouveaux systèmes peuvent être intégrés dans la conduite de la vigne, l’utilité du numérique réside, pour Lionel Ranjard, dans la collecte des données sur la parcelle, et dans toute l’exploitation en général : « Il existe un réel marché économique pour ça ! Cela permettrai aussi de valoriser le travail du viticulteur sur son sol jusqu’au consommateur. ».

Le numérique, oui, mais avec du contenu pertinent, utilisable par tous. « Nous ne sommes pas des robots, rappelle Pascal Minguet,  le numerique aide à une expérience, mais ne replace pas le contact humain ! »

« On parle finalement très peu des viticulteurs et des agriculteurs. Ils accomplissent un travail colossal, et important pour tout le monde. Il est primordial les soutenir et de les accompagner, car ils mobilisent beaucoup d’effort pour aller de l’avant, au niveau des pratiques de production. C’est un grand mérite de leur part. Au-delà de ça, ils ont une entreprise à gérer, la vinification à maitriser, la conduite de leurs vignes, etc. C’est un travail énorme, pour que tous les jours des produits de qualité arrivent sur nos tables. »

Mario Rega, Co-fondateur de Deaverde

Œnotourisme et réalité augmentée

Pour Mattieu Bach, Cyril Bataille (ViniTIC) et Pascal Minguet (Chargé de mission au Conseil Régional de BFC ), le numérique a un rôle prépondérant à jouer dans notre conception du tourisme œnologique mais aussi dans les possibilités d’expériences que nous pourrons proposer aux visiteurs.

Pour Cyril Bataille, l’œnotourisme est un ensemble d’activités autour de la vigne, de la ville, et du vin. « Il semble que deux écoles se côtoient dans le territoire viticole : les vignerons principalement centrés sur la viticulture et la vinification, et d’autres vignerons qui ouvrent le champs de leur activité. J’ai l’impression que la nouvelle génération vient avec d’autres idées, qu’elle a envie de partager son amour du  territoire, en plus de leur vin. L’œnotourisme ne se cantonne plus à la dégustation du vin, mais s’ouvre à la découverte du terroir qui l’a vu naitre ! »

Pascal Minguet renforce ces propos : « Le touriste aujourd’hui veut vivre des choses ! Pas uniquement déguster et repartir. On arrive, et c’est un environnement qui nous accueille. La réalité augmentée peut servir cette expérience. La matrice Patrimoine de Bourgogne travaille avec le Clos Vougeot et 8 grandes écoles pour réfléchir à comment faire vivre une expérience immersives dans les domaines viticoles lors des salons en extérieur. »

Si l’utilisation de la réalité virtuelle explose, il n’y a pas de raison que l’œnotourisme n’en profite pas. C’est d’ailleurs ce que propose ViniTIC. Mais le numérique ne concerne pas uniquement le consommateur ! Des systèmes de réalité augmentée pour la taille des plans sont également développés pour accompagner la main d’œuvre dans ce travail manuel.

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