Clôture Go Proteins : les opportunités pour la filière protéines

Le Groupe opérationnel Protéines (GO Proteins) de Bourgogne Franche-Comté organisait, le 3 décembre, à Dijon, un séminaire pour réfléchir aux pistes de valorisation des protéines animales et végétales en alimentation humaine. Au cœur des échanges : l’autonomie, la souveraineté alimentaire et l’adaptation de la production de légumineuses au changement climatique.

Le 3 décembre à Dijon, plus de 60 personnes du monde de recherche, de la production, et de la collecte et transformation se sont rassemblées au sein du Village by CA (Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin) lors de cette journée dédiée à la production et la consommation de protéines.

Une journée en deux temps forts, présidés par Fabrice FAIVRE (Président du Comité d’Orientation Régional Agronomie & Filières Végétales de la Chambre Régionale d’Agriculture Bourgogne-Franche-Comté) :

  1. Un séminaire sur la thématique « Comment valoriser les protéines (animales et végétales) locales ? »
  2. Le colloque de clôture du GO PROTEINS, avec une table ronde au sujet des opportunités et enjeux pour les protéines animales et végétales en région BFC. 

LE GO PROTEINS :

Le Groupe opérationnel PROTEINS cherche à développer de la valeur ajoutée par la production et la valorisation de protéines. Comment ?
En favorisant la mise au point de solutions innovantes et l’émergence de nouvelles cultures et filières
– En renforçant les synergies et complémentarités entre les acteurs et les secteurs d’activités
– En accompagnant les exploitations et les filières dans les transitions qu’elles engageront.

Le projet est soutenu par le FEADER et le Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté

Renseignements : Hélène Gauchez : helene.gauchez@bfc.chambagri.fr

Les enjeux de la filière « protéines locales »

Evolution des régimes alimentaires, de mode de consommation, de demande d’une alimentation locale : les protéines végétales et animales issues de la région ont de beaux jours devant elles.

Une tendance à la localité présentée par Eric Birlouez : « On est au niveau d’une représentation mentale de la localité, souvent en confusion avec les circuit court. La notion d’alimentation « locale » n’a pas de définition réglementaire. En France, elle s’associe à une relation d’appartenance, d’affection à un territoire. Il y a une forte volonté de favoriser l’économie et le savoir-faire derrière cette volonté du consommateur. »

Une tendance antérieure à la pandémie, qui se confirme depuis. Des filières existantes, mais qui rencontrent des enjeux de production, de promotion et de gouvernance.  

Des protéines végétales pour produire des protéines animales

Si la part des protéines végétales dans l’alimentation humaine a diminué de moitié en 100 ans, elle est essentielle dans l’alimentation du bétail !

Une part conséquente de la ration protéique des élevages français est aujourd’hui issue de l’import. Une situation problématique pour l’autonomie des élevages, mais aussi pour la souveraineté alimentaire. Deux notions qui ont eu une place centrale dans les échanges.

Comme souligné par Christophe Richardot (Alliance BFC), l’import de matières premières qui ne sont pas soumises au même cahier des charges que celles produites en France pose des enjeux de concurrence lourds. Des enjeux de qualité, mais aussi de résilience face à la volatilité des prix du marché pour assurer la pérennité des élevages.

Pour Vincent Lavier (Chambre Régionale d’Agriculture BFC), l’autonomie des exploita­tions est fondamentale à tous les niveaux, mais se heurte à la réalité du contexte actuel, économique mais aussi climatique.

La recherche : l’alliée des filières

Produire des protéines végétales en région pour l’alimentation des Hommes et des Animaux, c’est plus simple à dire qu’à faire. Outre la réintroduction de ces cultures dans les rotations et le montage de la filière de transformation, le changement climatique ne facilite pas les choses.

Si le territoire de Bourgogne Franche Comté peut accueillir ses productions, les épisodes climatiques extrêmes limitent grandement les rendements de ces cultures. Vincent Lavier a salué le travail de la recherche sur cette problématique.

Karine Gallardo (INRAe) a également rappelé que plusieurs projets de recherche sur la qualité des protéines sont menés par l’institut, dont le centre de Dijon faisant référence dans ce domaine.

Parmi eux, le projet LegUp, en collaboration avec Dijon Céréales ; un projet pour développer des in­grédients innovants à base de légumineuses, améliorés pour favoriser leur insertion dans l’alimentation humaine.

Valoriser les protéines végétales et animales produites en région est donc un enjeu de souveraineté alimentaire avec des défis techniques et organisationnels.

Trois challenges ont été identifiés par le GO PROTEINS  pour soutenir la filière :

  • valoriser la production animal et sa qualité
  • valoriser les protéines végétales locales pour l’alimentation animales (enjeux de souveraineté)
  • saisir les marchés de la protéine végétale pour l’alimentation humaine de manière collective avec un leadership fort.

Un travail collectif, dont les acteurs de l’amont et de l’aval se saisissent à travers de nombreux projets qui se concrétisent d’ores et déjà.

Dans cette logique, l’Alliance BFC lance la marque « Nous Autrement ». Une marque mettant en avant la production et la transformation régionales de l’alimentation pour le consommateur.

L’exemple du projet LEGGO en Bretagne a également inspiré les acteurs de notre écosystème régional et la méthodologie utilisée pourrait être reproduite sur d’autres territoires, des échanges pourront se poursuivre à l’issue de cette réunion.

Toutes les Actualités