Lunch Techno « Transformation digitale des entreprises »

La nouvelle version du Café Techno, le Lunch Techno a lancé sa 1ere édition le 20 juin 2018. Un moment convivial entre entrepreneurs, experts et agriculteurs autour de la thématique de la transformation digitale des entreprises

La transformation digitale au cœur des préoccupations

La transition digitale des entreprises, déjà effective dans de nombreuses filières industrielles, présente un sérieux potentiel de développement pour les entreprises du domaine agricole. Si la transformation digitale a longtemps concerné uniquement la relation au client/utilisateur,  une réelle réflexion se pose sur son intégration à l’ensemble du process de production. Nouveaux outils à l’utilisation des agriculteurs, nouvelles organisations, nouveaux process, les innovations sont légions dans le domaine agricole. Cette conception nouvelle constitue un réel levier pour les entreprises afin de gagner en agilité, en performance, et en qualité de suivi de ses activités.

Pour mieux comprendre les enjeux de l’entreprise 4.0 et identifier les opportunités à saisir, AgrOnov a rassemblé quatre d’experts du domaine pour un moment convivial à destination des agriculteurs et entrepreneurs : Nicolas Pierret de Cohesium, Philippe Bierry de HERBIE, Sylvain Boissy et Audrey Chanon de Neptin, ainsi qu’un agriculteur venu témoigner de sa transition digitale.

L’entreprise 4.0, moins humaine ?

Intégrer des outils permettant d’automatiser des tâches répétitives et/ou à faible valeur ajoutée permet à l’entreprise de dégager du temps, notamment au niveau de la relation client. Mais la transformation digitale engendre-t-elle forcément une déshumanisation de l’entreprise ? Nicolas Pierret de Cohesium nous assure le contraire. « La digitalisation de certaines tâches répétitives permet aux entreprises de dégager du temps afin de le mobiliser autrement, de façon plus qualitative. En développant un nouveau service, de conseil par exemple. L’intégration de solutions est un coût qu’il faut considérer comme un investissement. »

Pour Phillippe Bierry, l’humain est même au cœur de la thématique :« L’intégration du digital dans une entreprise, dans une usine, ou une exploitation doit se faire depuis la base du processus de production. L’intégrer de façon descendante est une erreur, cela ne sert a rien! Il s’agit d’outiller les collaborateurs, de repenser le contenu, l’organisation et les outils de travail. C’est voir chaque opérateur comme un levier de transformation, un levier d’exécution de l’entreprise digitalisée. C’est surtout une source de créativité et d’innovation. »

Le digital au service de l’entreprise

L’intégration de capteurs au sein d’une ligne de production ou d’une exploitation permet l’émission de nombreuses données. L’analyses de celles-çi permettent de moduler des paramètres afin d’optimiser la production. Mais pas que. Selon Philippe Bierry, l’analyse à grande échelle et sur un temps plus long de ces données permet également de résoudre des problèmes de sources inconnues. Mais préparer sa transition numérique ne se fait pas si simplement ! Cela relève même du challenge pour beaucoup d’entreprises, et nécessite un accompagnement de qualité dans la démarche. « Il existe autant de manières d’aborder la transition numérique que d’entreprises !« , nous expliquent Sylvain et Audrey de Neptin. « Tout commence avec un diagnostic précis de l’entreprise concernée et de ses problématiques de données. Nos plans opérationnels sont conçus spécifiquement pour les besoins de l’entreprise, et en compréhension totale de son métier. »

Si, contrairement aux lignes industrielles, les exploitations agricoles sont soumises à une variabilité extrême des paramètres extérieurs, les modèles utilisés pour la digitalisation des industries sont sources d’inspiration pour adapter ces méthodes au monde agricole. Les acteurs rassemblant les agriculteurs tels que les coopératives jouent dès aujourd’hui un rôle clé dans la digitalisation des exploitations.

Coopération et révolution numérique

Matthieu Duthu, exploitant, est venu témoigner de son implication dans ce procédé d’innovation. Polyculteur, Matthieu a d’ores et déjà un pied dans le numérique : depuis 2012, celui-çi a équipé son matériel d’un guidage par satellite, et poursuit son évolution vers la modulation. En effet, cet agriculteur est en zone agricole à faible potentiel, présentant beaucoup
d’hétérogénéité. Après avoir constaté de l’inadaptation des solutions existantes, Matthieu s’est rapproché des services dédiés au numérique des coopératives agricoles, BeApi. Outil d’aide à la décision, BeApi permet après cartographie des parcelles, de moduler l’apport d’intrants au sein de celles-ci. L’agriculteur optimise non-seulement la qualité de son traitement, mais aussi ses coûts de production. Un souci d’économie qui se retrouve également dans les entreprises industrielles qui constituent la majeure clientèle des intervenants du LunchTechno.

Dialoguer pour mieux innover

Mondes différents mais soumis à des challenges similaires, l’interaction entre l’industrie et l’exploitation agricole a été au cœur de ce LunchTechno particulièrement interactif. Les parallèles existant entre ces secteurs sont sources d’inspirations. Entreprises comme agriculteurs ont approuvé à l’unanimité la déclaration de Matthieu Duthu : « On peut s’intéresser au numérique sans forcément avoir des moyens énormes !« .

C’est sur ce retour positif que le LunchTechno prépare dès aujourd’hui ses prochaines éditions. « Sylvain et moi avons appris plein de choses sur le métier d’exploitant agricole et comment fonctionne l’environnement de ce secteur. », nous confie Audrey de Neptin, « Les échanges ont été riches, les présentations agréables et le networking autour du buffet était au top« .

De belles interactions que l’équipe AgrOnov compte bien réitérer dans les prochains mois.

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