JOUR 1 : formation en salle
La journée a débuté par une réflexion sur la représentation de soi dans le monde agricole et une vision de l’agriculture de demain. Loïc Dumont, agriculteur installé en 2024, a présenté son métier comme très vaste, nécessitant de multiples compétences (gestion, administratif, etc.), l’administratif pouvant occuper plus de 30% de son temps. Il a souligné l’importance d’un bon accompagnement par de nombreux acteurs (coopératives, syndicats) et le contexte difficile actuel, avec 9 exploitations sur 10 en difficulté financière, accentuant la course à l’agrandissement pour diluer les charges. Amandine a ensuite exposé les fortes fluctuations de revenus et la représentation agricole en Bourgogne-Franche-Comté.
Liselore a cartographié les nombreux acteurs du secteur, dont les rôles complémentaires doivent être bien identifiés pour interagir efficacement. Après un partage d’expériences des participants, l’importance du calendrier agricole et du vocabulaire spécifique a été abordée, avec un jeu pratique. Une intervention sur le carbone a suivi, utilisant un photolangage et expliquant que l’agriculture, bien que deuxième productrice de CO₂, atteint une neutralité grâce aux pratiques de captation, évoquant aussi le marché carbone.
Déborah Boss (Alliance BFC) a insisté sur l’importance cruciale du sol et présenté les biosolutions, avec des résultats d’essais et les attentes des agriculteurs. Sandy a comparé les perspectives recherche et terrain sur le sol et les biosolutions. Amandine a détaillé l’impact de la PAC sur les résultats économiques et les pratiques, soulignant l’importance d’une déclaration précise. La journée s’est conclue par une préparation aux échanges agricoles avec Amandine et Sandy, couvrant la préparation des rendez-vous, l’adaptation du discours et les attentes spécifiques des interlocuteurs, avant un bilan final en binôme sous forme de dessin résumant les grands enseignements.
EN RÉSUMÉ
☑️ Témoignage d’un agriculteur, Loïc Dumont : métier exigeant nécessitant un réseau solide et des compétences variées. La charge administrative est lourde (plus de 30% du temps). Contexte économique très difficile pour la majorité des exploitations.
☑️ Contexte et acteurs : présentation de la volatilité des revenus agricoles et de la cartographie des nombreux acteurs du secteur (rôles complémentaires à bien identifier).
☑️ Clés pratiques : importance de connaître le calendrier agricole, le vocabulaire spécifique et de bien préparer ses échanges avec les agriculteurs (attentes, discours adapté).
☑️ Enjeux environnementaux carbone : l’agriculture, à la fois émettrice et puits de CO₂, est concernée par les marchés carbone.
☑️ Sol et biosolutions : le sol est un capital essentiel. Les biosolutions sont présentées comme des leviers, avec un écart parfois entre recherche et terrain.
☑️ Cadre réglementaire : la PAC a un impact direct et majeur sur les résultats économiques et les pratiques des exploitations.
☑️ Conclusion : la journée a souligné la complexité du métier d’agriculteur, l’importance du réseau et des échanges bien préparés, ainsi que les défis économiques et environnementaux à relever.
JOUR 2 : visite de ferme
Charles Schneider, agriculteur à Salives, incarne la résilience par la diversification de son exploitation familiale en polyculture-élevage. Depuis son installation en 1988, il a constamment développé de nouvelles activités, des grandes cultures à l’élevage de 500 vaches allaitantes, en passant par l’énergie et désormais la viticulture. Pour gérer cette complexité, il mise sur un groupement d’employeurs pour lisser les besoins en main-d’œuvre et accéder aux bonnes compétences, tout en réfléchissant chaque dépense sous l’angle de la rentabilité. Cependant, il déplore le poids croissant des contraintes : une réglementation administrative changeante et tatillonne, particulièrement en élevage, qui devient un “fonds de commerce” et nécessite même un salarié à temps plein. Il souligne aussi la difficulté de transmission dans une profession devenue hyper-capitalistique et le manque de formation des agriculteurs au commerce. Face à ces défis, ses leviers sont la fidélisation et la confiance accordée à ses salariés, la recherche de partenariats collectifs indispensables, et la création de plus-value sur ses produits. Son témoignage, renforcé par d’autres interventions, illustre la complexité grandissante du métier, l’enjeu crucial de la transmission et le décalage entre la réalité du terrain et la perception souvent négative véhiculée dans la société.
EN RÉSUMÉ
✅ Résilience et stratégies :
– Diversification continue : grandes cultures, élevage, énergie, et désormais viticulture.
– Recours à un groupement d’employeurs pour lisser les besoins en main-d’œuvre et accéder à des compétences variées.
– Recherche de compétitivité par la complexité, et non la simplification.
– Prise de décision guidée par la rentabilité pour toutes les activités.
✅ Points lourds et défis :
– Charge administrative et réglementaire excessive, surtout en élevage, avec des règles changeantes qui perturbent la planification financière.
– Profession devenue hyper-capitalistique, freinant la reprise des exploitations.
✅ Leviers identifiés :
– Fidélisation et attractivité de la main-d’œuvre par la confiance.
– Nécessité de partenariats et d’action collective.
✅ Contexte et enjeux généraux :
– Exploitation familiale en polyculture-élevage, historiquement diversifiée.
– Métier sous multiples pressions (climat, réglementation, trésorerie, transmission) exigeant des compétences de plus en plus larges.
– Décalage entre la complexité réelle du métier et la perception souvent négative véhiculée dans la société.