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ARTICLE : Assises de la transition agroécologique et agroalimentaire : que retenir ?

par Liselore MARTIN

Quelques jours après le lancement d’AgrOnov II, les assises de la transition agroécologique et agroalimentaire se sont tenues à Dijon les 21 et 22 septembre.

Dijon métropole se positionne en leader de l’agroécologie et de l’alimentation durable dans le cadre de ces assises organisées avec Terres en Ville. 

Cet événement a rassemblé 1600 participants, dont 400 intervenants et neuf délégations étrangères, pour partager des expériences et des solutions innovantes visant à transformer nos systèmes alimentaires.

Dijon, labellisée « Territoire d’innovation » par l’État, s’engage à faire de l’alimentation durable une priorité. Avec des initiatives comme le projet « Chouette Cantine », qui évalue la qualité nutritionnelle et l’empreinte carbone des repas scolaires, la ville met en avant l’importance de mieux manger et mieux produire.

Que retenir de ce temps fort pour le territoire ?

assises de la transition agroécologique et agroalimentaire

L’alimentation au carrefour des enjeux… 

Nathalie KOENDERS, Maire de Dijon, rappelait dans son discours introductif que l’alimentation est au carrefour des enjeux environnementaux, sociaux et économiques. Elle a prôné les messages du « faire ensemble », un territoire où chacun met son expérience au service de l’alimentation, pour une agriculture justement rémunérée, une biodiversité et un climat respectés, et une alimentation universelle.  

…À relier sur les différentes échelles…

Stefanos FOTIOU, le directeur excécutif de FoodDiplomacy Network et expert international en environnement et développement durable, a dressé un diagnostic qui permet aussi d’identifier des leviers pour évoluer, et changer :  

  • La complexité des systèmes aux différentes échelles ne permet pas de faciliter les liens entre ces échelles. Des outils pour faire œuvrer les différents niveaux entre eux seraient nécessaires. 
  • Les dimensions de Food Security, Sufficiency, Sovereignety et Droit à l’Alimentation sont construites l’une sur l’autre, mais ne se garantissent pas entre elles. 
  • La PAC est un outil très positif, qui a néanmoins créé des grandes disparités entre les pays de l’Union Européenne. Elle n’a pas permis de résoudre le sujet de résilience alimentaire depuis 30 ans. La France importe toujours 74% de ses aliments hautement protéinés, et dépend à 90% de l’import des phosphates. 
  • Les visions sont construites en silos, et on ne réfléchit pas systémique, en intégrant à la fois les énergies, le climat, les engrais dans les stratégies d’alimentation. 
  • Les scientifiques ne sont pas assez intégrés des décisions politiques.  
The governance gap

Il conclut sur les préconisations suivantes.
Pour avancer nous avons besoin d’une couche diplomatique pour gérer les différences et :

  • Apporter de la légitimité aux territoires, couvrir et partir du terrain.
  • Avoir une crédibilité européenne, unie et non fragmentée.
  • Avoir des objectifs globaux et traduire les enjeux avec d’autres.

 

Et ceci avec anticipation et coopération.

…Et à confronter aux visions des différents acteurs…

Coopérer pour agir : voici le justement le thème de la table ronde suivante; et nos intervenants pointent collectivement des leviers  après avoir partagé leur expérience : 

  • Il faut un bon terreau de chercheurs et de lieux spécifiquement dédiés pour coopérer, avec la recherche, et intégrés les acteurs économiques. 
  • Garder des territoires agricoles au sein des Métropoles pour éviter la fragmentation production / alimentation. 
  • Il faut du temps pour s’approprier une façon de manger, et adresser les résistances. 
  • Un leader est essentiel pour porter une démarche de transition et animer la coopération. 
  • Coopérer c’est aussi dépasser les clivages bio / conventionnel, et les clivages de manière générale. 
  • Si production et alimentation restent pensés séparément, les adéquations avec le marché n’auront pas lieu. 
  • Tous les territoires doivent se saisir de la question de transition alimentaire, qu’ils soient en difficulté d’approvisionnement, ou pas. 

Et quelques grands principes sont également proposés pour une coopération réussie : 

  • Comprendre celui avec qui on coopère 
  • Décentraliser, gouvernance partagée, démocratie avec une direction claire.  
  • Créer des espaces avec des capacités d’expérimentation, d’innovation et d’adaptation. 
  • Faire preuve de pragmatisme économique.  
  • L’importance des collaborations internationales dans les schémas stratégiques. 

…Dans une dynamique de réseau !

On retient également la présence de certains acteurs clés et on remercie les partenaires d’AgrOnov d’être investis dans une association telle que la nôtre :  Dijon Métropole, Dijon Céréales, l’Institut Agro Dijon l’INRAe et Groupe VYV / Harmonie Mutuelle plus particulièrement dans l’implication de ces assises.  

En conclusion, la conviction est évidente : l’agriculture, l’alimentation, la santé et l’environnement sont indissociables. Ces assises seront l’occasion de croiser les regards et d’émerger des réponses concrètes aux défis agricoles et alimentaires actuels. 

Dijon devient un véritable laboratoire d’expérimentation pour l’alimentation de demain avec une vraie volonté de partager son expérience, et d’apprendre des autres territoires comme en témoigne l’organisation d’une troisième journée spéciale « relation internationale » le 23 septembre en présence des partenaires internationaux de Dijon Métropole. 

Et à l’international !

RAYONNER, COOPÉRER, APPRÉHENDER ET AGIR : c’est la stratégie de Dijon Métropole rappelée par Lydie PFANDER-MENY, vice-présidente en charge des relations internationales. 

« L’Europe est un pilier essentiel dans cette stratégie et Dijon Métropole veut aussi être une métropole qui collabore à travers le monde, en restant fidèle à ce qui fait notre territoire ». 

Après avoir présenté les atouts et les actions de Dijon Métropole en faveur de la transition agroalimentaire,  nous partageons les éléments suivants des échanges internationaux : 

  • CHEF CHAOUEN, MAROC : projet sur le régime méditerranéen et ses atouts pour une alimentation saine. La ville incite aussi à réserver des lots de terrains cultivables aux habitants, « comme c’était le cas avant » 
  • CAMBODGE : c’est le deuxième producteur de noix de cajou au monde, avec un bon taux de protéine dans l’aliment fini qui est intégré dans l’alimentation sous forme de gomasio, ou dans les desserts. Les anarcadiers sont très résistants aux conditions pédoclimatiques du Cambodge et ne semblent pas affectés par le changement climatique jusqu’à présent. Le Cambodge travaille sur le développement de son agriculture biologique, facilitée par des exploitations déjà très diversifiées. Ils sont aussi peu dépendants en intrants avec un schéma circulaire de fumier qui alimente des méthaniseurs, dont les digestats sont compostés pour fournir des intrants. 
  • DÉPARTEMENT DES HAUTS DE SEINE : le département travaille avec le Cambodge depuis 11 ans. Étant un territoire très urbain, il témoigne que c’est grâce aux échanges avec le Cambodge que le département démarre une feuille de route alimentation.  
  • MONTRÉAL, QUÉBEC : Montréal est considérée comme la capitale de l’agriculture urbaine et ce levier est un apport à la résilience de la ville mais ne vise pas à remplacer l’agriculture rurale. Elle sert avant tout de support social, de connexion, et de renaturation des villes. Il existe un « pole central agricole » qui regroupe des petits producteurs au même endroit en centre ville pour apporter une alimentation diversifiée. 

 

Concernant la production de légumineuses, la Canada est poussé à la production par la demande américaine, et bénéficie ainsi d’une autonomie en protéine végétale. 

 

Nous retenons ainsi que les coopérations internationales sont sources de remise en question, d’évolution, de partage et d’échanges. Elles nourrissent des diversifications dans les productions quand il y a un marché à l’export. Elles confrontent les visions de l’alimentation, et c’est aussi le rôle de ces Assises ! Pour AgrOnov et son réseau, c’est aussi l’occasion de garder des contacts internationaux précieux dans le cadre des opportunités de développement international pour les adhérents, et bien entendu, de faire une veille internationale des innovations répondant aux enjeux de transition agricole. 

Groupe Dijon Métropole

La présence d’AgrOnov

Comme le rappelle Philippe LEMANCEAU, vice-président élu en charge de biodiversité, transition alimentaire, agriculture périurbaine, « les clusters sont au centre de l’écosystème de transition alimentaire, et AgrOnov joue un rôle spécifique dans l’aval des filières ». Nous étions bien évidemment partie prenante de ces temps forts.  

ATELIER 1 :  Au tribunal des agro-énergies, notre équipe est intervenue pour construire collectivement un verdict des agro-énergies. 

Cet atelier, dans un format innovant et participatif, a permis de partager des positions en faveur et en défaveur des agro-énergies et de co-construire un verdict avec les 60 participants à l’atelier. 

Les messages forts seront partagés prochainement ! 

Toutes les infos ici : Nos terres ont de l’énergie

 

ATELIER 2 : 

Aux côtés de la DRAAF Bourgogne – Franche-Comté et de letsfood Concept, AgrOnov a porté le message de « rassemblement » : les startups innovantes et les acteurs agricoles évoluent dans deux mondes différents, aux codes, au calendrier et au vocabulaire différent. Pour avancer dans la transition, il est nécessaire que ces deux mondes se comprennent et avancent ensemble. AgrOnov accélère les transitions en créant un pont entre les entreprises innovantes et les organisations professionnelles agricoles : à la fois à travers son réseau de plus de 130 adhérents, mais aussi à l’aide d’actions spécifiques. 

L’innovation est nécessaire, et encore plus en temps de crise. Elle n’est pas innée mais la capacité à innover se travaille, et est facilitée par l’ouverture et les échanges. AgrOnov représente un lieu neutre pour créer ces échanges ! 

 

Let’s Food portait aussi le message d’une nécessité d’impliquer les entreprises dans une démarche de Responsabilité Territoriale des Entreprises, et de fragmenter les opérations pour transformer sur le territoire, et rester proche des consommateurs. 

 

La DRAAF quant à elle a présenté le dispositif Form’Actions Durables HRT dont l’objectif est de professionnaliser les pratiques pédagogiques autour des enjeux durables dans les filières Hôtellerie – Restauration – Tourisme. Retrouver le concept ici : https://www.youtube.com/watch?v=OYaT6NhmzPE

Le projet intègre 3 volets interconnectés : un module de formation de formateurs en 100% distanciel, une boîte à outils thématique et un écosystème d’acteurs engagés sur les territoires. 

Atelier tribunal

VISITE DU SITE AGRONOV À BRETENIÈRE 

Pour le pratico-pratique, AgrOnov a accueilli un groupe de visite le 22 septembre matin à la découverte de son site à Bretenière : un lieu pleinement dédié à l’innovation en agroécologie, avec son hôtel d’entreprises, et qui présente une configuration rare avec l’implantation de serres d’expérimentation complémentaire à des laboratoires. De la R&D de A à Z.  

Au programme : découverte du site, de ses espaces de réunion, bureaux et laboratoires, mais aussi les serres d’expérimentation et des témoignages forts de la SATT SAYENS et d’ ORYZYA. Si la SATT apporte les compétences d’analyse et d’expérimentation pour des projets en laboratoire ou en serres, Oryzya elle multiplie et produit des champignons mycorhiziens pour avoir un impact direct dans les productions agricoles.  

Visite Agronov

Les conclusions du plaidoyer 2026

Les conclusions sont à retrouver ici : https://assises-agroecologie-alimentation.fr/declaration-des-assises-2026/

Pendant les Assises, les participants ont été invités à sélectionner les propositions qui leur paraissent prioritaires pour renforcer le pouvoir d’agir des territoires. Le résultat du vote fait ressortir cinq priorités :  

  • Élaborer les politiques publiques selon une approche « Une seule santé » puis les évaluer selon des indicateurs partagés, en s’appuyant sur la recherche. 
  • Donner aux territoires les moyens humains, réglementaires et financiers d’agir dans la durée. 
  • Structurer des filières reconnectant production, transformation, distribution et consommation qui permettent une alimentation locale de qualité pour les habitants et consolident l’économie territoriale.
  • Rendre transparente la formation des prix, mieux répartir la valeur et prendre en compte les impacts sociaux, sanitaires et environnementaux. 
  • Garantir des échanges commerciaux soutenables pour les producteurs, les mangeurs et l’environnement, compatibles avec une véritable souveraineté alimentaire.
Visite AgrOnov
Visite AgrOnov
Visite AgrOnov
Visite AgrOnov
Visite AgrOnov
Visite AgrOnov

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