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Décarbonation et agriculture au sein du groupe EDF 

Le groupe EDF à organisé une journée « Agriculture et Décarbonation » le 25 avril 2024 sur le site des Renardières. Cette journée, riche en nouveautés, a mis à l’honneur les défis actuels agricoles mêlant économie, énergie et durabilité au cours de nombreux échanges ainsi que la visite des laboratoires du site, dont la plateforme d’agrivoltaïsme.

Décarbonation de l’agriculture : prévoir l’évolution

Le carbone en agriculture se présente comme un défi majeur dans la durabilité des systèmes agricoles et du monde, avec un potentiel de stockage conséquent encore peu exploité. Face à ce constat, les acteurs du milieu agricole cherchent à s’adapter rapidement et réfléchir ensemble, en mettant en œuvre des pratiques et des outils innovants permettant de répondre aux enjeux climatiques des années à venir. 

Réduire les besoins en énergies, réduire les émissions Carbone, électrifier les usages agricoles, étaient au centre de la réflexion souhaitée au cours de cette matinée par EDF. A ce jour, 11% des GES sont issus de l’agriculture et 25% de l’effort de réduction à atteindre d’ici 2050 doit provenir de ce secteur.  

Le club CEE et l’ATEE ont pour cela présenté une décomposition fine de la consommation d’énergie de tous les secteurs français et a donné quelques préconisations engageables pour réaliser des économies d’énergies, notamment en agriculture.  

En réponse, différentes solutions de mobilité Bas Carbone pour les engins agricoles, pouvant répondre à ces préconisations, ont été présentées par Jean-Marc LAURUOL, Ingénieur R&D chez EDF, telles que :  

  • Les biocarburants  
  • Le bio GNR 
  • L’hydrogène  
  • L’électrique 

Ces différents éléments sont étudiés en termes d’investissement et de fonctionnement afin que des solutions adaptées et ciblées puissent être apportées à chacune des exploitations en réflexion.  

La solution tractofit, projet mené par Vensys Group et soutenu par les Chambres d’Agriculture visant à convertir des tracteurs diesel en électrique grâce à un rétrofit par batterie, a spécifiquement été évoqué lors de cette matinée. Des agriculteurs, tels que M. Dussept présent sur l’intervention, s’investissent dans ces projets et expérimentent ces outils dans l’espoir qu’ils soient un jour démocratisés dans de nombreuses exploitations.  

Cela fait écho aux projets qui se déroulent en Région BFC avec nos partenaires, notamment Vesoul Agrocampus et le CMQ agroéquipement qui travaillent fortement sur le sujet de l’hydrogène. AgrOnov approche également les sujets biocarburants et rétrofit avec France Pulvé dans la filière viticole.

Concilier production agricole et production d’énergies renouvelables

La production d’énergie en agriculture prend place dans les échanges de la matinée et met en avant plusieurs propositions et discussions à cet effet. 

L’agrivoltaisme  

Actuellement expérimentée dans de nombreuses structures, notamment chez EDF sur le site des Renardières mis en place depuis 2019, l’agrivoltaïsme est une ressource appréhendable pour concilier agriculture et énergie. Elle peut être source de nombreux bénéfices sur les cultures, tels que l’ombrage en période de stress hydrique. Des analyses sont réalisées par leur partenaire l’INRAE, pour étudier l’impact engendré par ces structures sur l’évolution des cultures de luzerne et plantes fourragères en dessous et à proximité. 

La production d’énergie grâce à de la biomasse

Présentée par le groupe EIFER de EDF, elle est aussi envisagée, bien qu’elle soit complexe. Aujourd’hui, 3 % des surfaces agricoles sont destinées à la production de biocarburant, la juste place de cette ressource dans le mix énergétique est donc à réfléchir.  

L’agriculture est ainsi un véritable puits de Carbone à prendre en compte dans une démarche de durabilité des systèmes, mais l’évolution des pratiques ne se prévoit pas sans difficulté.

Les Certificats de Productions de Biométhane

A partir de 2026, chaque fournisseur de gaz devra financer le verdissement du gaz. Pour cela, ils achèteront des Certificats de Productions de Biométhane aux producteurs leur permettant de compléter leurs revenus. Un moyen d’introduire les gaz Bas Carbone et répondre à l’ambition 2050 : 100% de gaz Bas Carbone.

L’agriculture, un puits de carbone

La matinée s’est clôturée par une table ronde entre I4CE, INRAE, Oklima et la Chambre d’Agriculture de Normandie se questionnant sur les différents éléments évoqués. 

Les leviers suivants : 

  • Limiter les utilisations de produits phytosanitaires 
  • Multiplier par 5 les surfaces en agroforesterie 
  • Atteindre l’objectif zéro émission nette 
  • Ajouter des cultures intermédiaires  

permettraient simplement de maintenir le stock de Carbone dans les sols et non de l’augmenter. Un effort conséquent est donc à fournir pour inverser la tendance et atteindre les objectifs environnementaux fixés pour 2050. 

La Chambre d’Agriculture de Normandie soutient que les agriculteurs ne sont pas contre l’évolution de leurs pratiques, bien au contraire, mais craignent une perte économique en s’engageant dans une démarche Bas Carbone. A ce jour, la tonne de Carbone séquestrée n’est valorisée qu’à hauteur de 32€ pour un coût estimé de 250 € afin de répondre aux objectifs environnementaux fixés pour 2030 et non ceux de 2050 (installation de haies, agroforesterie, changement d’ITK), une rentabilité faible face à l’investissement qui laisse place à l’incertitude.

Pour cette raison, Oklima accompagne des porteurs de projets dans les démarches de certification Carbone et compte à ce jour une 100aine de projets labellisés. Ces projets, qui regroupent régulièrement plusieurs agriculteurs (jusqu’à 1000), permettent au fil des années de rassurer d’autres agriculteurs pour qu’ils puissent s’engager dans cette démarche et donner envie à des entreprises de soutenir des projets locaux.  

« Cette journée enrichissante, permettant d’allier carbone et agriculture, a apporté des éléments concrets sur les solutions envisageables pour l’avenir et mets en avant l’importance de l’agriculture dans la réussite de la diminution des émissions de GES mais aussi sa volonté propre d’évoluer durablement.  

Les éléments exposés permettent de réfléchir à l’accompagnement des agriculteurs dans ces démarches, et se demander : quelles solutions sont envisageables pour qu’ils puissent financer l’évolution de leurs pratiques (estimées à 700-800 € la T de Carbone séquestrés pour répondre aux attentes de 2050) ? Quel sera le coût des produits français dédiés l’alimentation humaine derrière ses changements ?  Des réponses cruciales à ces questions sont souhaitées, permettant notamment d’apporter de la sécurité et d’inciter au changement. »

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